Manager toxique : un mot-valise qui évite les vrais débats
- HJL
- 25 déc. 2025
- 2 min de lecture

Ils sont des milliers.
Des articles, des posts, des tribunes rédigés par les nouveaux « rois » du coaching et de la bien-pensance managériale. Tous ou presque martèlent le même message : « Les salariés ne quittent pas leur entreprise, ils quittent leur manager ».
Et ce manager est bien souvent qualifié de toxique.
Mais au fond, c’est quoi un manager toxique ?
Le manager toxique : une définition de plus en plus floue
À lire certains contenus, on pourrait croire qu’un manager devient toxique dès lors qu’il :
ose parler d’exigence,
rappelle les règles,
attend un travail bien fait,
parle d’objectifs, de performance, d’excellence d’exécution,
n’enrobe pas chaque message de coton émotionnel.
Faut-il alors pratiquer la câlinothérapie généralisée ?
Prendre des pincettes en permanence ?
Peser et sous-peser chaque mot par peur de froisser ?
Renoncer à toute forme de confrontation professionnelle ?
Si c’est cela la vision moderne du management, alors oui, nous sommes tombés bien bas.
Bienveillance ne veut pas dire complaisance
Il est urgent de rappeler une évidence que certains semblent avoir oubliée :
La bienveillance n’exclut jamais l’exigence.
Être bienveillant, ce n’est pas :
éviter les sujets difficiles,
taire les dysfonctionnements,
accepter la médiocrité sous couvert de paix sociale,
confondre confort et engagement.
Au contraire.
La vraie bienveillance consiste à :
dire les choses clairement,
poser un cadre,
donner du feedback honnête,
accompagner la progression,
aider chacun à se hisser au niveau attendu.
Le danger du management “pouponnant”
À force de vouloir toujours cajoler, protéger, adoucir, on finit par :
diluer les responsabilités,
affaiblir le sens des missions,
éloigner les équipes des objectifs réels,
créer de la frustration chez ceux qui s’investissent vraiment.
Un management sans exigence n’est pas humain.
Il est déresponsabilisant.
Et paradoxalement, ce sont souvent ces environnements « trop doux » qui génèrent :
du flou,
des non-dits,
de l’injustice perçue,
et, à terme… du désengagement.
Oui, certains managers sont toxiques. Mais pas pour les raisons à la mode
Soyons clairs :
Oui, il existe des managers réellement toxiques.
Ceux qui :
humilient,
méprisent,
manipulent,
n’écoutent jamais,
abusent de leur pouvoir,
détruisent la confiance.
Mais l’exigence, la clarté, la fermeté professionnelle n’en font pas partie.
À force de qualifier de « toxique » tout manager qui ne correspond pas à une vision édulcorée du leadership, on vide le mot de son sens… et on évite les vrais débats sur le travail, la performance et la responsabilité collective.
Redonnons au management sa juste place
Manager, ce n’est pas être un animateur de bien-être permanent.
Ce n’est pas non plus être un chef autoritaire.
C’est tenir une ligne exigeante et humaine à la fois.
C’est assumer que le travail implique parfois :
de l’effort,
de la confrontation,
de l’inconfort,
du dépassement de soi.
Et c’est précisément par respect pour les équipes que l’on ne renonce ni au cadre, ni à l’exigence, ni à l’ambition.
Parce qu’au final, la vraie toxicité, ce n’est pas l’exigence.
C’est l’hypocrisie.



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